Histoire Antique & Médiévale n° 83
L'invention de la citoyenneté à Rome et en Grèce

N° 83 - janvier/fevrier 2016

7,30 €

ISSN : 1632-0859

Dans le monde antique, les philosophes grecs sont les premiers à tenter de définir le concept de citoyenneté. Dans son traité intitulé Politique, Aristote s’y emploie en décrivant les différents régimes politiques des cités grecques. La démarche n’est pas simple car le concept de citoyenneté nécessite de comprendre ce qu’on entend par citoyen, ce qui suscite de nombreux débats dans le monde grec : « La cité est un ensemble de citoyens et il en résulte qu’il nous faut examiner qui a droit à l’appellation de citoyen et qu’est-ce que le citoyen. C’est là une question disputée, et tout le monde ne s’accorde pas pour donner le titre de citoyen aux mêmes personnages. Celui qui est citoyen dans une démocratie souvent ne l’est pas dans une oligarchie. Laissons de côté ceux qui reçoivent cette appellation de façon exceptionnelle, ainsi que les citoyens naturalisés. Le citoyen n’est pas citoyen par le lieu où il réside, car métèques et esclaves ont la résidence en commun avec les citoyens » (Aristote, Politique, III, 1, 1275a). Dans le monde romain, la citoyenneté s’est élaborée progressivement, sur plusieurs siècles, et les Romains n’en ont jamais donné une définition théorique. L’enjeu est donc de comprendre comment les citoyens participent au fonctionnement de leur cité dont les modalités diffèrent selon les régimes politique (démocratie, oligarchie et monarchie). Les cités d’Athènes et de Rome, entre le Ve siècle et le IVe siècle avant notre ère, pour la première, entre le Ier et le IIIe siècle de notre ère, pour la seconde, ont élaboré des conceptions différentes de la citoyenneté.